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mercredi 5 octobre 2016

Alstom, entre soulagement et consternation


Communiqué de presse - Sélim GUEMAZI, conseiller municipal
Je reçois comme l'ensemble des Belfortains les annonces de Christophe Sirugue, secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie avec soulagement.
 
L’État n’abandonne ni Alstom, ni Belfort. En complétant le carnet de commande de l’entreprise, l’État assure un plan de charge de l’usine jusqu’à la mise en œuvre du TGV du futur. Certains critiquent ce plan comme étant du bricolage. C’est méconnaitre la complexité administrative des commandes de l’État d’une part et les capacités d’Alstom d’autre part.
 
Diversification et modernisation de l’usine
Non, la France ne souhaite pas s’affranchir de ses engagements européens en favorisant Alstom. Tout autant non, la France n’abandonne pas une entreprise qui non seulement est technologiquement en pointe mais aussi un symbole de son industrie. Les investissements consentis pour le site de Belfort, près de 70 millions d’euros, doivent permettre la diversification des fabrications de la cité du Lion et une modernisation de l’outil de travail. Je m’en réjouis.
 
Je suis en revanche d'un point de vue politique stupéfait de constater les désaccords au sein du parti Les Républicains !
 
Meslot en désaccord avec Sarkozy
Damien Meslot, maire de Belfort et conseiller de Nicolas Sarkozy tweet le 4 octobre : « Conf de presse #Alstom notre mobilisation et le dialogue ont été entendus pour le site de #belfort de nouveaux horizons ». Nicolas Sarkozy, ancien président de la République tweet le même jour : « Ce plan bricolé à la hâte n'est pas à la hauteur du défi que représente le sauvetage véritable de notre industrie ferroviaire #Alstom »
 
L’ancien président et candidat à la présidence est donc en désaccord avec un de ses plus proches conseillers. Voilà qui augure bien du fonctionnement d’un futur gouvernement et les couacs de communication dont monsieur Meslot est si coutumier. Souvenons-nous simplement de son portrait qui illuminait Belfort à la manière de la Corée du Nord pour fêter sa première année de mandat.
 
Meslot d’accord avec ses ex attachés
En revanche à Belfort, monsieur Meslot est d’accord avec ses anciens attachés parlementaires Florian Bouquet et Cédric Perrin. Le premier tweet : « Le site d’Alstom Transport maintenu à Belfort grâce à de nouvelles commandes #prefecture #alstom #transport ». Au moins il est lucide Florian Bouquet, par ailleurs président du Conseil départemental, il sait que ce n’est pas grâce à lui qu’Alstom est maintenu. Bruno Le Maire, candidat à la primaire des Républicains soutenu par Florian Bouquet n’a rien tweeté sur le sujet pour l’instant, trop occupé à se faire prendre en photo.
 
Perrin en désaccord avec Fillon
Quand à Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort, il tweet : « Satisfait par le plan annoncé par l’Etat et #Alstom pr maintenir le site de #Belfort. Je resterai vigilant quant à sa mise en œuvre ». François Fillon soutenu par Cédric Perrin à la primaire des Républicains tweet : « #Alstom Dénouement inouï : l’Etat va commander des trains dont personne n’a besoin ! @FrancoisFillon #Oise ». Ambiance entre Fillon et les siens.
 
Paris et la province
Chez les Républicains, il y a ce que disent les chefs à Paris et ce que disent leurs soldats en province… Cela illustre bien leur manque de nuance dans la réflexion et leur incapacité à prendre de la hauteur. On réagit dans l’instant sans se poser de questions sur l’avenir, avec le risque de devoir changer d’avis. Monsieur Meslot, en deux ans de mandat à la mairie de Belfort a déjà foncé plusieurs fois dans le mur, avant de reculer : le parking de la Maison des arts tout comme le nom de Tisserand, un ancien milicien, pour une rue de Belfort sont deux exemples particulièrement éloquents de reculade.

mercredi 14 septembre 2016

Alstom Belfort et les Alstommes doivent vivre


Intervention au conseil municipal extraordinaire du 14 septembre 2016

Alstom et Belfort

A ceux qui voudraient nous faire croire qu'Alstom est une entreprise comme les autres,qui n'obéirait qu’au marché et qui ne vivrait qu'aux rythmes de ses commandes.
 
A ceux qui voudraient nous faire croire que l'économie ne s'appuie que sur la rentabilité à court terme et sur l'enrichissement des actionnaires.

Permettez à l'élue, engagée, que je suis, la fille d’un ouvrier Alstom venu, en 1970, travailler et s’installer à Belfort, d’avoir une autre vision.
Alstom, pour moi, c’est tout d’abord, une formidable histoire entre une usine et son territoire. C'est à partir du site de Belfort que l’ancêtre d’Asthom, la Société Alsacienne de Construction Mécanique (SACM), a construit son aventure industrielle mondiale. Un lien fort et indéfectible relie Belfort à cette entreprise.

Cette relation commence à se forger, dès 1871, suite au traité de Francfort qui génère 2 évènements majeurs pour Belfort et qui vont contribuer à son essor démographique, industriel et économique :
- l’arrivée massive à Belfort, par choix, d’Alsaciens ayant opté pour la France ;
- l’installation dans notre ville, par opportunité, d’établissements industriels mulhousiens, dont le plus important, la SACM deviendra plus tard, en 1928, Alsthom.
 
Belfort passe de 8 000 habitants en 1872 à plus de 32 000 en 1901 ! La petite ville de garnison devient alors une véritable cité industrielle et Alsthom, le poumon d’une ville qui se construit autour d’elle. Aux plus beaux jours, ce ne sont pas moins de 10 000 personnes qui travaillent dans les locaux d’Alstom !
On a coutume de dire dans la cité du Lion que Belfort c’est Alstom et Alstom c’est Belfort. On peut donc comprendre l’immense émotion qui nous a étreints, nous Belfortains, à l’annonce de la nouvelle du départ d’Alstom de Belfort.
Un autre lien, tout aussi indéfectible, relie l’Etat et les collectivités territoriales, à cette entreprise, c’est celui de la commande publique. À ses débuts, en 1879, l’usine belfortaine bénéficie d’un essor sans précédent, du fait de commandes massives de locomotives par l’État. Plus tard, lors de la guerre 14-18, ses ateliers tournent à plein, pour participer à l’effort de guerre pour la production d’armements. En 1928, Alsthom devient alors un groupe industriel de dimension nationale et sera l’un des principaux artisans de la politique industrielle française. La SNCF, entreprise d’Etat, va pendant des décennies favoriser le développement du groupe grâce à la commande de trains et de locomotives. La mise en œuvre du TGV, en partie construit à Belfort, en sera le point d’orgue.
Alstom sans la contribution de l’Etat français mais aussi des collectivités locales, ne serait pas Alstom.
Alstom, c'est aussi un outil au service d'une stratégie industrielle nationale et l’une des vitrines technologiques de notre pays.
Pour moi, le groupe Alstom ne peut se dédouaner de cette histoire et de la place qu’il occupe aujourd’hui dans l’économie française notamment celle liée au ferroviaire.
Le groupe Alstom a donc des comptes à rendre. Oui Alstom nous est redevable. Tout d’abord, aux pouvoirs publics qui l'ont porté, accompagné, fait grandir, et enrichi et ensuite, aux salariés et à leurs familles qui ont été les artisans de ses réussites, de ses records et de sa prospérité.
AUJOURDHUI BELFORT A RENDEZ-VOUS AVEC SON HISTOIRE, CONTINUONS À EN ÉCRIRE LES PAGES !
Oui, il n'est pas trop tard pour affirmer une volonté politique !
Parce que les raisons invoquées par la Direction d’Alstom pour fermer le site et le transférer ne sont pas recevables.
Parce que le mépris affiché envers les salariés, les élus et les pouvoirs publics n’est pas acceptable.
Le gouvernement, comme actionnaire, doit prendre la main et assumer toute sa responsabilité :
- il doit engager ce bras de fer avec fermeté ;
- il doit de toute urgence faire débloquer les commandes qui permettront d’assurer un plan de charge jusqu’en 2020 ;
- il doit rapidement organiser une table ronde pour définir une véritable stratégie industrielle du ferroviaire pour notre pays qui ne peut être réduite à un simple sauvetage, momentané, mais qui doit se construire sur le long terme en misant sur l’innovation.
Au-delà d'Alstom et de Belfort c'est toute l'industrie de notre pays qui est en état d'urgence.

AUJOURD’HUI LA FRANCE A AUSSI RENDEZ-VOUS AVEC SON FUTUR INDUSTRIEL !
L’optimisme de la volonté contre le fatalisme

A ceux qui disent et pensent que les élus ne peuvent rien, encore moins, quand il s’agit d’économie.
A ceux qui pensent que seule la loi du marché peut tout et qu’il faut laisser faire.
Je veux répondre, que mon engagement s’est construit sur une conviction profonde.

En politique le fatalisme ne doit pas exister. Seuls les engagements et leur mise en œuvre comptent. Les élus ont le devoir de soutenir leur industrie, les savoir-faire et capacités d’innovation qui leur sont liés.
Les élus ont cette capacité  à condition qu’ils y croient et s'en saisissent. C'est aussi par ces actes que nous restaurerons la confiance perdue entre nous et nos concitoyens.

Comme cela a déjà été fait en 2004, le gouvernement doit agir par tous les moyens.
A NOUS, ELUS DE NE PAS MANQUER TOUS CES RENDEZ VOUS
 
Samia Jaber

jeudi 8 septembre 2016

Alstom met fin à son activité sur Belfort


Communiqué de presse 
C’est avec consternation que nous avons pris connaissance de l’annonce par Alstom de mettre fin à son activité transport à Belfort, décision qui constitue un véritable traumatisme pour notre ville.
 Nos premières pensées vont aux salariés d’Alstom touchés par cette mesure et à leurs familles, qui aujourd’hui se trouvent dans la plus grande incertitude.
Alstom à Belfort, c'est 137 ans d’une aventure industrielle portée par des générations de Belfortains, ouvriers, techniciens et ingénieurs qui ont apporté leur savoir-faire pour faire du site de Belfort l’un des fleurons de l’industrie ferroviaire française au niveau mondial.

 Aujourd’hui nous souhaitons comprendre ce que cache la précipitation qui a prévalu dans cette annonce qui a surpris tout le monde, même si la chute du carnet de commandes à partir de 2018 était connue. J'ai donc interpellé monsieur le Préfet pour la tenue en urgence d’une réunion en préfecture regroupant les élus et acteurs concernés afin d’arrêter une position commune et mettre en place un plan d'actions, pour obliger la direction d’Alstom à  revenir sur cette décision.
Cette annonce est contraire aux engagements, disproportionnée quant aux difficultés passagères mais surtout en contradiction totale avec les projets d'innovation signés par ALSTOM et la SNCF pour créer ensemble et dès 2022, le TGV du futur. L’avenir industriel d’Alstom à Belfort et les 400 emplois aujourd’hui menacés doivent être préservés à tout prix !
Enfin, nous proposerons au maire de Belfort une motion au prochain conseil municipal qui traduise notre préoccupation commune et une mobilisation au-delà des clivages politiques.

 Samia JABER